Back to the roots, Back to India

Après plus de 25 ans, retour à mes racines indiennes, accompagnée cette fois de mon baroudeur d'homme et de notre petite fille de 4 ans! Au programme, mélange épicé de famille et de découvertes de la nature.

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Le mot de la fin! Un an après!

Le mot de la fin, un an après, jour pour jour...Le temps nécessaire pour assimiler tous ces souvenirs et pour  écrire ces quelques lignes! 

 

 

Pays des extrêmes, pays des paradoxes…

Pays du sexe tabou mais paradoxalement pays du Kâma-Sûtra. Pays de l’enfance volée mais pays de l’enfant-roi. Un enfant y meurt toutes les 17 secondes mais les hôpitaux privés proposent des soins médicaux de qualité à une patientèle étrangère (on appelle ça le tourisme médical). Quarante-deux pourcents de la population vivent avec moins d’un euro par jour mais chaque année nous amène son lot de nouveaux millionnaires surfant sur la vague du développement économique. Mettre une petite fille au monde peut être un drame mais paradoxalement ce pays fut l’un des premiers états gouverné par une femme. L’Inde génère des frictions d’une rare violence entre ses communautés ethniques et religieuses mais a vu naître l’apôtre de la non-violence. L’Inde présente un taux d’alphabétisation de 40 à 60% (selon la tranche d’âge et selon le sexe, UNESCO) mais s'avère un creuset de cerveaux présents dans les milieux intellectuels et politique du monde entier. Un chercheur d’origine indienne, Subra Suresh, vient d’ailleurs d’être nommé à la tête de la prestigieuse NSF alors que les récentes élections américaines nous dévoilent le visage de Nikki Haley, maintenant gouverneur de l’état de la Caroline du Sud. Seuls 20 % des enfants sont scolarisés mais paradoxalement l’éducation est une source de fierté et de conversations - interminaaables - dans toute famille indienne qui se respecte. L’Inde, c’est le pays du « Mais ». Et c’est l’omniprésence de ce « Mais » qui rend ce pays si difficile d’approche pour les voyageurs. Et pourtant , je n’attendrai pas 25 ans pour y retourner.



[ 15:03 ] [ 18/12/2011 ] [ Liège ] [ Lien ]
Mots clefs : mot de la fin

Guwahati et ses temples

Guwahati est une des villes les plus importantes de l’Assam, un des 28 états de l’Inde, coincé entre le Bangladesh et le Bouthan. Cette ville ne paie pas de mine au premier coup d’oeil, au deuxième non plus d’ailleurs. Une poussière rouge emplit l’air (et vos poumons), ses rues étroites sont bardées de monde, les klaxons vous déchirent les tympans (comme partout en Inde) et les déchets s’amoncellent sur le bord des routes (aaah l’Inde et sa non-gestion des déchets) ! Mais qu’y a t’il à voir à Guwahati ? De la famille… et des temples ! Et nous commençons donc la visite des temples, en famille bien sûr!  Les photographies sont interdites à l'intérieur des enceintes sacrées.

Le premier temple est celui de Balaji. Balaji est une des incarnations du Dieu Vishnu, un des trois piliers de la trinité hindoue.
 
Balaji temple, Guwahati
Nous découvrons le temple à la tombée de la nuit, illuminé et magnifique. C’est le jour du Prasad, l’offrande. De nombreux hindous viennent prier et recueillir la bénédiction du prêtre (le brahmane). Il convient de se laver les mains et les pieds avant de pénétrer (déchaussé) à l’intérieur de l’enceinte sacrée. Tous repartent avec un peu de nourriture bénie par les prêtres et un trait de vermillon au milieu du front. Cerise sur le gâteau, on peut agiter les cloches, à la grande fierté de ma fille!
 
Deuxième temple, celui Kamakhya, sur les hauteurs de la ville.
 
Kamakhya temple
 
Kamakhya est une des incarnations de Kali, une déesse très vénérée dans le Bengale et dans l’Assam et qui symbolise la force destructrice de Shiva, un autre pilier de la trinité hindoue (que les puristes me pardonnent… encore une fois) ! Et comme la terrible Kali, ce temple possède un passé très ...sanguinaire puisque des humains y étaient offerts en sacrifice. Depuis les British sont passés par là et seule la présence de chevreaux témoignent encore de ces rites tantriques.
 
Anecdote intéressante, le temple est entouré de bassin où les dévots peuvent prendre un bain purificateur. Une fois l’an, ces bassins prennent mystérieusement une teinte rouge, symbole du flux menstruel de la déesse, de la  fertilité et du renouveau. 
Troisième temple, celui de Umananda.  Cela vous dirait une petite balade en bateau ? Oh ben oui - répondons-nous enthousiastes ! Et nous voilà parmi de pieux pélerins sur un bateau-taxi en direction de l’île de Peacock au milieu du Fleuve Brahmapoutre.
 
L'île d'Umananda
Nous ne voyons ni la structure du bateau rongée par la rouille, ni la coque noire de monde, ni l’absence de gilets de sauvetage! Rien ne peut bien évidemment nous arriver vu que nous sommes en partance vers un lieu sacré! 
 
 
Nous ne sommes plus en Floride: les données de l’équation ont sérieusement changé et la paranoïa américaine a laissé place au fatalisme indien! Ceci dit, nous fûmes bien contents d’arriver vivants de l’autre côté !
 
noix de coco à Umananda
 
Le plus sympa, ce n’est pas tant le temple d'Umananda que cette rencontre avec un magnifique langur doré (ou entelle dorée, Trachypithecus geei), une espèce devenue très rare et uniquement visible dans le nord-est de l’Inde. 
 
Langur doré

 



[ 09:54 ] [ 15/02/2011 ] [ Guwahati ] [ dans 5. Assam ] [ Lien ]
Mots clefs : temple

Safari à Kaziranga

Notre hôtel, le Iora Resort, s’avère un havre de paix et de confort après les cinq heures de trajet (traduisez 200 km) reliant Guwahati et Kaziranga. Cette route reliant Guwahati à Kaziranga serait un tronçon d’autoroute. Et bien cela ne se voit pas ! . Nids de poule, vaches, chèvres, poules et tracteurs (etc etc...) ont jalonné ces 200 km de Highway  ! Guwahati est à approximativement une heure trente de vol de Kolkata et se situe dans l’état de l’Assam.

 
 
Cette région du nord-est de l’Inde est très peu fréquentée par les touristes occidentaux mais regorge pourtant de petites perles telles que le Parc National de Kaziranga classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
Hier, nous avons visité une partie du parc en jeep et nous avons pu observer de nombreux oiseaux, des éléphants sauvages, des buffles, et des rhinocéros. Le parc est réellement magnifique.  C’est d’autant plus surprenant que rien sur la route nous laissait supposer de l’approche d’un parc naturel : cultures, villages, marchés, briquetteries, trafic toujours intense et pollutions ne présageaient rien de bon quant au côté sauvage de la région. La surprise fut donc de taille quand notre jeep franchit l’arcade d’entrée du parc. Des larges étendues herbeuses, des plans d’eau et des bosquets abritent environ une centaine de tigres et quelques milliers d’éléphants sauvages, buffles et rhinocéros, le tout en augmentation constante grâce aux nombreux efforts de protection. Bref, je le recommande malgré les nombreux efforts qu’exige sa visite!
 
Elephants sauvages à Kaziranga
 
Cerise sur le gâteau, ce 2 janvier nous nous levons à 5h du matin pour profiter d’une balade à dos d’éléphant. Nous nous retrouvons tous les trois à califourchon sur une charmante éléphante suivie de son petit Babu!
Elephant domestiqué à Kaziranga
 
A la différence de la jeep, cette ballade séloigne des routes et nous pénétrons dans les hautes herbes où nous croisons des buffles, des rhinocéros unicornes, des cerfs et de nombreuses espèces d’oiseaux.
 
Cerfs à Kaziranga
 
Le regard inquiet des cerfs braqué vers les hautes herbes et les profondes lacérations visibles sur certains arbres témoignent de la présence du tigre. Nous ne verrons pas ce seigneur des lieux mais quel bonheur que d’avoir pu traverser ce petit coin de paradis ! 
 
Rhinoceros unicorneBabu

 



[ 09:20 ] [ 17/01/2011 ] [ ] [ dans 5. Assam ] [ Lien ]
Mots clefs : elephantrhinocérossafari

Les Sundarbans, pays des marées

 S’il y a bien un endroit que je voulais voir, c’était le Parc National des Sundarbans (ou Sunderbans). L’envie m’est venue en lisant The hungry tide, d’Amitav Gosh (en français : Le pays des marées). J’ai commencé la lecture de ce livre sans me douter de son contenu. Piyali, une jeune fille d’origine indienne, revient dans les Sundarbans pour ses recherches. C’est en effet une biologiste qui étudie les mammifères marins. Bien qu’originaire de l’Inde, cette fille d’émigrés ne parle pas le bengali car elle a été élevée aux Etats-Unis...  Les livres sont incroyables. Non seulement ils vous font rêver mais ont ce pouvoir de changer les hommes et de les emmener au cœur des Sundarbans !

 

 

L’écosystème des Sundarbans est un réseau de mangroves au cœur d’un énorme delta formé par l’embouchure de trois fleuves : le Gange, le Brahmapoutre et le Meghna. Ce site unique est à cheval entre l'Inde et le Bangladesh : des mangroves, des forêts, des îlots de sable et des marées. Ce site est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Des centaines d’îles sont présentes dans ce delta et  certaines sont habitées et protégées par des digues en terre. La pêche, le tourisme et la récolte du miel sauvage sont les sources de revenus de ses habitants. Ce magnifique écosystème est malheureusement en péril : les changements climatiques et la population croissante ne laissent rien présager de bon pour les prochaines années.

Croisière dans les Sundarbans

Les Sundarbans se méritent: trois heures de car et quasi trois heures de bateau pour rejoindre notre hôtel : le Sunderban Tiger Camp. Mais quelle beauté et quel calme après la frénésie de Kolkata.
 
Les Sundarbans
 
Point de tigre mais des crocodiles, des martins-pêcheurs, des marabouts et des macaques. Seules quelques empreintes de tigre dans le sable de part et d’autre du chenal témoignent de son passage et de ses capacités de nage. La réputation du tigre des Sundarbans fait frémir : ce serait un mangeur d’homme, plus agressif et moins craintif en tout cas que son son homologue « terrestre ». Une vraie terreur chez les collecteurs de miel sauvage.
Pour quelle raison, nous l’ignorons. L’intrusion croissante de l’Homme dans les Sundarbans pourrait expliquer en partie ce phénomène : 4 millions d’habitants contre 500 tigres, le clash est inévitable. Mais d’autres hypothèses vont bon train : mon père a toujours prétendu que l’eau salée bue par les tigres les rendait aggressifs. Un de mes cousins, grand admirateur de ce félin, pencherait plutôt vers le fait que la disposition de son lieu de vie (eaux, mangroves, forêts denses) aurait favorisé le développement d’une plus grande propension à l’attaque. Les proies terrestres sont plus rares et l’homme constituerait une proie facile. Une autre hypothèse serait liée au fait que les Sundarbans sont souvent innondés à cause des tempêtes et des cyclones. Les décès par noyade des habitants ne sont pas rares. Ces corps emportés par les flots dérivent alors dans les chenaux des Sundarbans et seraient consommés par ces grands félins. Le tigre des Sundarbans serait habitué à consommer de la chair humaine. Je me garderai bien de trancher en faveur de l’une de ces hypothèse. Que les derniers tigres des Sundarbans conservent leur part d’ombre à défaut de leur royaume à l'avenir aussi aussi incertain qu’une peau de chagrin. 
 


[ 14:40 ] [ 13/01/2011 ] [ Sundarbans ] [ dans 4. Bengale ] [ Lien ]
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Noël à Kolkata

A Kolkata, nous logeons chez un de mes cousins. Premier repas de famille entre cousins, tante et amis, échange de cadeaux (il ne s’agit pas d’être radins dans une famille bengalie !). Immersion familiale chaleureuse où on nous révèle la suite du programme. Le lendemain, nous allons fêter Noël au Rowry Club ! Ma famille n’est pourtant pas chrétienne mais de nombreux Hindus (adeptes de l’Hinduisme) ont cette faculté d’assimiler les cultes étrangers, ce qui leur donne des occasions supplémentaires de faire la fête. Visite des églises à minuit, illuminations, sapins de noël et Père Noël font partie des habitudes locales!

Nous nous habillons donc soigneusement (pour l’occasion Eric revêt un veston, si !) et nous montons dans la belle allemande rouge de mon cousin (je le soupçonne de ne conduire cette voiture que pour les grandes occasions ). Direction, le Rowry Club , un des nombreux Clubs de Calcutta.

Rowry Club of Kolkata

Ces clubs assez selects datent de l’ère britannique et ne sont devenus accessible aux indiens que très récemment (1970 pour le Rowry Club, à la mort des derniers British, je suppose !). Avant cela, White only! Le principe doit être assez semblable aux Table Ronde, Rotary et autres associations occidentales : une cotisation mensuelle donne accès aux bars, au restaurant du club et aux activités festives organisées par le comité !

Rowry Club

Un repas de Noël y est d’ailleurs organisé ce 25 décembre. Au menu, activités pour les enfants et les adultes sur fond (très) sonore (très) musical. Une des organisatrices de l’événement monopolise le micro et sa voix haut perchée me donne des envies de meurtre. Mais nous savons nous tenir en société, d’autant que nous espérons bien disparaître juste après le repas. Que nenni... Notre fille, habillée en princesse indienne pour l’occasion, veut participer au concours de déguisement et décide de monter sur scène entre un bébé éléphant grassouillet et une Cendrillon aux cheveux noirs ! Sa prestation «Mon nom est Marine and I am an indian princess » séduit le jury et elle reçoit en cadeau un énorme dauphin en peluche à caser dans nos valises !

Rowry Club de Kolkata

Cerise sur la gâteau : arrivée en bateau du père Noël qui a du subir je ne sais quel traumatisme pour ressembler à ça mais qu’importe, les enfants s’amusent ! Après six heures de Club, je laisse tomber mes bonnes manières, saisis la bière d’Eric et tente de noyer ma migraine naissante dans quelques goulées de Kingfisher, la bière locale ! 

Kingfisher



[ 08:22 ] [ 12/01/2011 ] [ Kolkata ] [ dans 4. Bengale ] [ Lien ]
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